| Des principes
conducteurs communs mobilisent-ils les peuples… partout ?
La question de fond que l'Alliance se pose est celle de
savoir comment faire face aux défis devant lesquels
l'humanité se trouve au seuil du XXIème siècle.
Sur la base de quels principes conducteurs communs, les peuples de la
terre peuvent-ils agir ensemble, malgré leur diversité ?
Comment les mobiliser ?
Elaborer une Charte, l'intituler et formuler ses principes fondateurs,
est un acte de grande importance : c'est un acte symbolique qui
revêt tout son sens. Les concepts de "responsabilité",
"pluralité", "solidarité", "unité", "gouvernance",
"liberté" et "dignité" résonnent-ils quand ils
sont traduits dans des langues africaines, asiatiques et
sud-américaines ? Répondent-ils aux aspirations profondes
des peuples de toute la planète ? Evoquent-ils le désir
et la nécessité de gérer les mutations des
années à venir ? En somme, sont-ils mobilisateurs...
partout ?
Les
préoccupations et défis varient
Les préoccupations principales des peuples dans les
différentes parties du monde, leurs "défis du
XXIème siècle ", sont évidemment fort liées
aux situations spécifiques dans les contextes respectifs sur le
plan économique, social et politique. Là où le
strict nécessaire pour survivre n'est pas assuré pour la
majorité, on insiste sur le partage équitable des
ressources de la terre, la garantie de sécurité
économique. De même, là où la liberté
d'expression politique est à peine existante, c'est la
démocratie et les droits citoyens qui sont mis en avant. Et
là où l'on se sent toujours entravé dans sa
liberté nationale sur le plan politique, économique et
culturel, un défi important est de remettre en cause la
domination des pouvoirs extérieurs.
Les principes
conducteurs varient
Puisque les signes distinctifs des civilisations
particulières sont surtout inspirés par les
interprétations culturelles et religieuses de la vie
elle-même et des relations entre l'être humain et son
environnement, les principes conducteurs pour relever ces défis
peuvent différer. Ainsi, tandis que, dans le monde occidental,
la majorité pense toujours et plutôt en termes
homocentriques d'ingénierie prônant que l'être
humain peut et doit planifier, gérer et maîtriser son
destin, la nature et le cours des évènements,
l'avant-projet d'une Charte émanant d'Asie du Sud met l'accent
sur une nouvelle spiritualité, un nouveau paradigme holistique
et intégré, un nouveau dharma mondial, une loi cosmique.
Et si les participants africains mettaient en lumière
l'importance de la solidarité comprise comme une obligation
mutuelle au sein de groupes d'appartenance, en Malaisie les notions de
tolérance et harmonie sont considérées
indispensables. Pour les bouddhistes thaïlandais, la notion morale
de détachement des désirs et des biens terrestres est un
grand principe conducteur, tandis que la quête de
prospérité est parfaitement acceptable dans un contexte
chinois comme le ré-enchantement du monde et la fête en
Amérique du Sud.
Les
interprétations culturelles varient
A part la diversité des préoccupations,
défis et principes conducteurs, un problème majeur dans
la communication internationale -qui, par définition, est
interculturelle- reste que les nuances culturelles spécifiques
de notions de base qui ont été définies de commun
accord et leurs implications dans les pratiques sociales peuvent
différer.
Mais… une
richesse culturelle partagée
Or, il est apparu que les participants à
l'Assemblée mondiale de Citoyens de Lille, ressortissants de
plus de 125 pays du monde partageaient l'idée de la
nécessité de produire un glossaire interculturel des
notions-clés utilisées dans la Charte des
Responsabilités humaines. Un tel glossaire rendrait explicite
dans quelle mesure des interprétations culturelles
diffèrent et ce qu'elles ont en commun. Ainsi, il contribuerait
à éviter des malentendus implicites et, en même
temps, à mettre en exergue la richesse culturelle de ces
notions-clés.
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