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La dichotomie prévalente
marché/non marché est ambiguë et bornée. Elle
exclut les dynamismes socio-économiques basés sur
d'autres principes que le profit. Elle exclut le monde des
coopératives, des organisations économiques populaires
(OEP), des associations mutuelles, des organisations sans but lucratif
(ASBL, Assoc. Loi 1901), etc..., dont les logiques ne dérivent
ni des firmes capitalistes, ni de l'Etat.
Une participante suggère le
diagramme suivant pour illustrer ce, qu'avec des auteurs comme Fr.
Perroux, L. Razeto et d'autres, elle voit comme une organisation
tripolaire de l'activité économique. Le pôle
capitaliste, le pôle étatique et le pôle
communautaire doivent être clairement distingués si nous
désirons voir leur potentiel spécifique dans le champ
socio-économique.
| LES
TROIS POLES DE L'ORGANISATION ECONOMIQUE

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Le pôle capitaliste est constitué de firmes qui
sont organisées par le capital et donc orientées vers
l'accumulation de type capitaliste. Ces firmes fonctionnent sur la base
de relations compétitives, elles mêmes basées sur
la poursuite d'intérêts personnels, et développent
des formes de propriété individuelle.
Le pôle public organisé par
l'Etat fonctionne grâce à l'intervention d'une
autorité centrale et développe des formes de
propriété institutionnelle.
Le pôle communautaire est celui
dans lequel les "firmes" sont organisées par le facteur humain
(facteur travail ou usagers) et adoptent des formes de
propriété "commune". Le travail est la catégorie
dominante des firmes appartenant à l'Economie Populaire /
Economie Sociale. Les relations de réciprocité y sont
dominantes. Il s'agit essentiellement d'une reconnaissance mutuelle due
au partage d'un passé commun, d'une identité de vie
quotidienne, des "exclus", des "marginalisés", des
"sans-emploi", des "pobladores", etc.... Très souvent,
l'existence du groupe prime l'activité économique (club
de chômeurs, micro-entreprises socio-familiales, etc...).
Une telle grille conceptuelle et une
telle reconnaissance d'une économie véritablement
plurielle nous permet d'approcher à la fois l'Economie Populaire
dans le Sud et l'Economie Sociale dans le Nord dans une perspective
nouvelle.
L'identité de l'Economie
Populaire/l’Economie Sociale est à certains égards
proche du pôle communautaire. Cependant, elle est aussi
étroitement intégrée à la logique du
marché. Tandis que certaines structures de
propriété sont communautaires, d'autres sont
individuelles. Certaines unités opèrent de façon
très isolée et individuelle. En conséquence la
logique de cette économie est fondamentalement hybride.
Les organisations économiques
basées sur le pôle communautaire, combinent profit,
localité et redistribution. Les expériences
couronnées de succès enregistrées dans les
régions industrielles à forte prégnance familiale
et géo-sociale du Nord-Est de l'Italie (Veneto) conduisent
à la conclusion, également soulignée par un auteur
originaire du pays de Galles, que l'identité locale peut
contribuer au dynamisme industriel, notamment en facilitant
l'intensification de liens sociaux (Price, Nyssens).
Dans le Sud comme dans le Nord, il peut
y avoir une combinaison et une complémentarité heureuse
entre le sentiment communautaire, le profit et la régulation
d'Etat.
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