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L'EPISTEMOLOGIE PARTICIPATIVE ET FONDEE SUR L'ACTION
 

Cette épistémologie se veut rationnelle tout en se sachant inévitablement subjective. Elle admet que tous les actes renferment un sens plus ou moins implicite. Il s'agira de le découvrir ensemble, par le biais de l'intersubjectivité et de l'action. On en arrive, dans cette épistémologie, à considérer l'action (voire même le projet : projet social ou projet de développement) comme l'occasion de la recherche. L'agir, l'être et le connaître sont imbriqués. Le savoir naît de l'action en vertu d'une dialectique pensée-agir-pensée-agir, etc. L'intervention fait apparaître la réalité sociale locale. Ainsi que le conseillait Kurt Lewin : "Essayez seulement de changer quelque chose dans un groupe et vous comprendrez comment il fonctionne !".

 

Cette épistémologie considère que le savoir est légitimé par l'usage qu'en font les gens. Le chercheur se considère lui-même pleinement engagé dans l'action : nous sommes très loin de la distanciation "neutre" et "objective" de l'épistémologie positiviste.

 

L'épistémologie participative et fondée sur l'action tente de synthétiser, en somme, les points positifs de l'épistémologie interprétationiste (on admet la subjectivité) et de l'apport marxiste (on analyse les rapports de force). La distinction entre le chercheur et ce qu'il recherche est fortement atténuée dans cette épistémologie. A la limite, elle disparaît pour céder la place à un groupe humain qui réfléchit sur le vécu local. Les travaux d'Enda-Graf avec Emmanuel Ndione constituent une illustration excellente de cette épistémologie. Le Réseau Cultures y a fait souvent allusion et consacra, à l'instigation de Ndione, une Conférence internationale sur le thème : "Le sens implicite des pratiques locales".

 

Paulo Freire avait fait la synthèse de la recherche et du développement communautaire comme mode d'intervention. La conscientisation est en effet une méthode d'auto-éducation et de "recherche" par les gens eux-mêmes. L'action communautaire (l'occupation d'un terrain, une manifestation, etc.) est l'occasion pour les gens "à la base" de s'approprier un savoir et d'orienter leur existence collective. Le chercheur freirien peut et doit s'engager. Cela trouvera son expression définitive dans la RAP : recherche-action-participative.

 

La RAP relève explicitement de l'épistémologie participative, fondée sur la critique sociale et sur l'action en commun. Elle a pour but la "démocratie substantielle" évoquée par José Bengoa (cfr. supra).

 

Pour une Epistémologie participative maniant la critique et fondée sur l'action en commun

 

En conclusion de ces considérations épistémologiques sur l'intention du chercheur, constatons que les préférences du Réseau Cultures vont naturellement vers l'épistémologie participative, maniant la critique sociale et fondée sur l'action en commun. Celle-ci débouche sur une méthode : la R.A.P. ou Recherche-Action Participative. Et cette méthode-là débouche à son tour sur un mode bien défini d'intervention sociale car il existe pour elle un lien indissociable entre l'intention, la connaissance et l'action.

 

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