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Après les
discussions des "questions des femmes" à l'échelon
mondial au cours des dernières décennies, nous sommes
apparemment entrés dans une période où l'on se
penche sur les façons dont les femmes réagissent à
leurs environnements immédiats, souvent très
différents. Le centre d'attention se déplace vers une
découverte de la nature et de la qualité des
différences et des caractéristiques de leur signification.
Des études sont consacrées aux
similitudes et différences parmi les femmes. D'autres traitent
de la construction sociale de la femme/de l'homme et ses
conséquences sur leurs rapports respectifs avec leur
environnement. En ce sens, on constate un glissement vers une
définition et une explication des différences en vue
d'élargir notre compréhension de la contribution qu'elles
peuvent apporter. On pourrait même dire qu'au lieu de se
concentrer sur la féminité, on commence à
tâcher de comprendre les différences en
général.
Il se peut que cette
tendance rapproche la pensée féministe de ceux - tant les
femmes que les hommes - qui s'en sont distanciés dans le
passé à cause de son manque de subtilité et de
nuances. Elle rapprocha peut-être les féministes
elles-mêmes. Car même des femmes qui ont été
actives dans des mouvements féministes reconnaissent qu'il y a
dans leur propre vie des différences manifestes entre leurs
positions publiques sur le féminisme et l'égalité
des sexes, d'une part, et les adaptations ou les compromis qu'elles
consentent dans leur propre vie en tant que femmes, amies, amantes et
mères d'autre part. Comme cela arrive souvent dans de nombreux
domaines de la vie, nous hésitons parfois à
révéler les incohérences entre nos discours, nos
actions, nos écrits et ce que nous vivons - pourtant, elles
existent bel et bien.
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